La bronchiolite est une affection virale fréquente, atteignant les petites voies aériennes, aussi appelées bronchioles. Ces bronchioles sont des petits sacs, d’un diamètre de < 1 mm, situés à l’extrémité des bronches.
La bronchiolite s’accompagne d’une inflammation aiguë des bronchioles, pouvant évoluer vers des difficultés respiratoires importantes. Cette inflammation se traduit par une sécrétion exagérée de mucus responsable d’un encombrement plus ou moins complet des voies aériennes.
La bronchiolite atteint surtout l’enfant de moins de 2 ans, les nourrissons âgés de 3 à 9 mois étant les plus exposés au risque de contamination. Le virus respiratoire syncitial (VRS) est responsable de plus de 70% des infections, survenant au cours de petites épidémies de novembre à mars. La porte d’entrée du virus se situe au niveau du nez et de la bouche. La contamination est favorisée par la mise en collectivité précoce des enfants. Le tabagisme passif dans l’entourage est un facteur de mauvais pronostic.
A l’instar d’un refroidissement banal, la bronchiolite se manifeste d’abord par de l’écoulement nasal, de la fièvre et de la toux. Après quelques jours, l’enfant a de plus en plus de peine à respirer, le rythme respiratoire s’accroît et la détresse respiratoire augmente. La respiration du nourrisson devient bruyante et haletante ; des sifflements (wheezing) et crépitations deviennent audibles à l’expiration. La toux, d’abord sèche, se transforme en toux productive avec des expectorations.
La fièvre est en général modérée ; une accélération du rythme cardiaque peut être observée. La gêne respiratoire peut entraîner un épuisement du nourrisson et provoquer des vomissements et d’autres troubles de l’alimentation.
A l’auscultation, le médecin constate la présence de râles crépitants traduisant l’encombrement bronchique du à l’hypersécrétion de mucus par les bronches.
On peut voir apparaître un creusement entre les côtes et au-dessus du sternum.
La radiographie thoracique oriente le diagnostic vers une bronchiolite aiguë du nourrisson grâce aux images typiques, telles que :
Le diagnostic de bronchiolite aiguë du nourrisson est confirmé par l’identification du virus syncytial dans les prélèvements de l’aspiration nasale, moyennant la méthode de l’immunofluorescence indirecte 13.
L’analyse de la concentration des gaz du sang relève une diminution de la teneur en oxygène et une augmentation de la teneur en gaz carbonique dissous dans le sang, traduisant une réduction de la fonction pulmonaire.
La majorité des bronchiolites sont bénignes et leur évolution est en général favorable. Spontanément ou grâce à l’aide d’une kinésithérapie respiratoire, les difficultés respiratoires régressent en quelques jours sans laisser de traces.
Dans certaines conditions, les bronchiolites peuvent néanmoins être plus graves :
Chez les nourrissons de moins de 6 semaines, la bronchiolite peut entraîner des pauses respiratoires qui nécessitent une surveillance du nourrisson à l’hôpital. Une hospitalisation du nourrisson s’impose en présence des critères de gravité suivants :
L’hospitalisation constitue en général une simple mesure de précaution afin de mieux surveiller l’enfant et de procéder à une oxygénothérapie et à une réhydratation par voie intraveineuse en cas de besoin.
Les complications surviennent essentiellement chez l’enfant de moins de 3 mois, surtout en présence de critères de gravité. Lorsque les voies aériennes s’obstruent partiellement ou totalement, une détresse respiratoire s’installe chez le nourrisson, pouvant entraîner une série de complications :
A l’exception des formes graves nécessitant une hospitalisation, la prise en charge de la bronchiolite est simple et se résume à quelques mesures essentielles :
L’utilisation de médicaments permettant de fluidifier le mucus ainsi que l’administration de médicaments permettant de dilater les bronches – appelés bronchodilatateurs - est controversée. Aussi, les antitussifs et diurétiques sont formellement contre-indiqués. En présence d’un terrain asthmatique, certains médecins ont recours à la prescription de corticoïdes.
Il est utile de mentionner que les antibiotiques ne doivent pas être administrés de façon systématique en cas de bronchiolite simple, car elles ne sont pas efficaces contre les infections virales. Dans certains cas, une surinfection bactérienne – fièvre > 39°C, fièvre prolongée, expectorations de couleur verdâtre, otite – justifie l’administration d’une antibiothérapie par amoxicilline ou acide clavulanique.
Pour en savoir plus sur la bronchiolite
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