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Que signifie l'abréviation « BPCO » ?

BCPO est une abréviation de bronchopneumopathie chronique obstructive. Bien que la bronchopneumopathie chronique obstructive soit une maladie très fréquente, son sigle « BPCO » n'est pas très connu par le grand public - contrairement à d'autres sigles utilisés en médecine tels que le « sida » pour le syndrome d'immunodéficience ou encore HTA pour hypertension artérielle.

Comment définit-on la BPCO ?

La BPCO ou bronchopneumopathie chronique obstructive renvoie à l'existence d'une maladie chronique des bronches qui se répercute sur les poumons. Lorsque les bronches sont enflammées pendant un certain temps, leur calibre se rétrécit, ce qui modifie à la longue l'anatomie et le fonctionnement des poumons. On parle de BPCO lorsque une personne – le plus souvent fumeur (se) – tousse et crache tous les matins, même en l'absence de fièvre. Une BPCO non traitée évolue vers un rétrécissement progressif et irréversible du calibre des bronches, ce qui entrave peu à peu le passage de l'air dans les bronches. Au point de vue clinique, le patient s'essouffle d'abord lors d'efforts intenses, puis pour des efforts limités et enfin même au repos.

Peut-on guérir de la BPCO ?

Si le malade arrête de fumer ou supprime le contact avec d'autres facteurs irritants lorsque les bronches sont encore relativement peu obstruées, une stabilisation de la maladie est possible. Une guérison totale est néanmoins très rare sauf si la maladie est détectée à un stade très précoce. Si la maladie est déjà à un stade évolué et s'accompagne d'emphysème pulmonaire, une guérison et une récupération de la fonction pulmonaire sont illusoires. L'arrêt définitif du tabac associé à un traitement approprié ralentit néanmoins la progression de la maladie.

Qu'est-ce qu'une exacerbation ?

A n'importe quel moment de la BPCO, les signes cliniques – particulièrement la toux et l'expectoration – peuvent se majorer, ce qui s'appelle une « exacerbation. Ces exacerbations sont souvent dues à des infections. Elles se manifestent par une recrudescence de la toux, par une augmentation des expectorations jaunes ou verdâtres et par une aggravation de l'essoufflement. Ces exacerbations peuvent aussi être accompagnées de fièvre. La prise en charge de ces exacerbations ne nécessite pas toujours une hospitalisation. Une fois l'exacerbation passée, le patient retrouve une respiration semblable à celle précédant l'aggravation de son état.

Que signifie « emphysème pulmonaire » ?

L'emphysème est une complication fréquente de la BPCO. Dans ce cas, les alvéoles ne se vident pas complètement de l'air inspiré car les bronches sont partiellement obstruées. De plus, les parois des alvéoles ont perdu leur élasticité et sont distendues. Après un certain temps, ces alvéoles fragilisées se rompent pour fusionner et former des zones d'emphysème.

Cet emphysème est qualifié de « centrolobulaire », lorsque les lésions sont centrées sur la bronche. L'emphysème centrolobulaire survient après l'âge de 40 ans et s'aggrave avec le degré d'obstruction des bronches.

Contrairement à l'emphysème « centrolobulaire » qui n'atteint que le centre du lobule, l'emphysème « panlobulaire » atteint l'ensemble du lobule pulmonaire. D'origine génétique et liée à un déficit d'une enzyme appelé « alpha-1 antitrypsine », il survient chez des jeunes d'environ 20 ans et est aggravé par la consommation de tabac et par les irritants bronchiques.

Qu'est-ce que l'alpha-1 antitrypsine ?

L'alpha -1 antitrypsine est une enzyme, à savoir une protéine qui accélère une réaction chimique, fabriquée par le foie. Son rôle est de protéger le poumon contre les agressions. Lorsque cette enzyme n'est pas fabriquée en quantités suffisantes, un déséquilibre s'installe entre les substances qui agressent le poumon et celles qui le protègent, ce qui conduit à une destruction progressive des parois des alvéoles pulmonaires. Au plan clinique, ce déséquilibre se traduit par l'apparition de bulles d'emphysème.

Chez les sujets atteints de BPCO, le dosage de l'alpha-1 antitrypsine est aujourd'hui systématique. Il se fait à partir d'un échantillon de sang. La maladie est beaucoup plus grave si le déficit en l'alpha-1 antitrypsine est détecté chez un fumeur.

Qu'est-ce qu'une insuffisance respiratoire aiguë ?

L'insuffisance respiratoire aiguë est une urgence médicale car elle risque de mettre la vie du sujet en danger. Aussi appelée détresse respiratoire, elle correspond à un manque brutal d'oxygène tant dans les poumons que dans le sang. Souvent, elle est provoquée par une infection respiratoire aiguë. La carence aiguë en oxygène se traduit par un essoufflement majeur ; la respiration devient rapide et superficielle. Pour compenser le manque d'oxygène, le rythme du cœur s'accélère et des troubles de la conscience, voire un coma, peuvent survenir.

Le traitement de l'insuffisance respiratoire aiguë est avant tout symptomatique. En cas d'infection respiratoire, un traitement par antibiotique s'impose. Le recours à une ventilation artificielle est indiqué si le sujet ne parvient plus à répondre aux besoins minima en oxygène de son organisme.

Qu'est-ce qu'une insuffisance respiratoire chronique ?

Au cours de l'insuffisance respiratoire chronique, l'apport d'oxygène est devenu insuffisant pour maintenir en vie les différents tissus de l'organisme. Sur le plan clinique, le patient est de plus en plus essoufflé et limité dans ses activités de la vie quotidienne.

Pour compenser le manque d'oxygène, la respiration s'accélère et le cœur est obligé de fournir un travail supplémentaire. Avec le temps, cet excès de travail se répercute sur le cœur. Les cavités droites du cœur se dilatent donnant lieu à un cœur pulmonaire chronique.

L'administration d'oxygène est le traitement préférentiel de l'insuffisance respiratoire chronique, le but étant de faire remonter le taux d'oxygène dans le sang et de le rapprocher des valeurs normales.

Mes troubles du sommeil sont-ils dus à la BPCO ?

Les troubles du sommeil sont fréquents en cas de BPCO. Au cours du sommeil, la respiration est irrégulière, surtout pendant le sommeil paradoxal lorsqu'on rêve. Les anomalies liées à l'insuffisance respiratoire chronique, particulièrement le manque d'oxygène, s'accentuent. L'organisme réagit en stimulant la respiration, ce qui provoque vos réveils nocturnes.

Pourquoi la fumée de tabac est-elle nocive pour le poumon ?

La fumée de cigarette irrite les bronches, certains de ces composants étant plus toxiques que d'autres. Les aldéhydes et les oxydes d'azote entraînent une paralysie des cils bronchiques dont la fonction est d'expulser les poussières. Les phénols et les acroléines provoquent une augmentation de la sécrétion de mucus ainsi que des lésions au niveau des cellules bronchiques. D'autre part, la fumée de tabac produit une diminution des défenses immunitaires et favorise ainsi les infections respiratoires. Quelque soit la façon dont le tabac est consommé - pipe, cigarette ou cigare -, la fumée endommage les bronches. Chez les sujets atteints de BPCO, le tabac est à proscrire à tout prix.

Si j'arrête de fumer, mon souffle va-t-il augmenter ?

L'arrêt de tabac est le traitement majeur de la BPCO. Quelque soit le stade d'évolution de votre maladie, l'arrêt de tabac a un effet bénéfique sur votre souffle. Si votre maladie est à un stade précoce, l'arrêt de tabac stabilise votre maladie et peut la faire régresser. Si votre maladie est à un stade avancé, l'arrêt de tabac ralentit l'évolution de votre maladie vers l'insuffisance respiratoire chronique. A ce stade, une régression est illusoire.

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