BCPO

Définition de la BPCO

La BPCO est définie comme « une maladie chronique et lentement progressive des bronches caractérisée par une diminution non complètement réversible des débits aériens ». Il s'agit d'une inflammation chronique des bronches qui se répercute sur la structure et le fonctionnement des poumons.

Il est classique de parler de BPCO lorsqu'une personne, le plus souvent un(e) fumeur (se), tousse et crache tous les matins même en l'absence de fièvre. Il ne faut pas banaliser ces signes. En effet, une BPCO non traitée de façon appropriée évolue vers un rétrécissement irréversible des bronches. Cette obstruction va entraver le passage de l'air et provoquer de l'essoufflement d'abord lors d'un effort intense, puis au cours d'un effort léger et finalement même au repos.

Au stade ultime, la BPCO évolue vers l'insuffisance respiratoire chronique. A ce stade, le malade ne peut plus respirer correctement, ce qui entrave l'oxygénation des tissus de son corps. La baisse permanente du taux d'oxygène dans le sang retentit sur tous les organes et altère leur fonctionnement, particulièrement au niveau du cœur.

Epidémiologie de la BPCO

La BPCO est une maladie fréquente. En France, environ 3 millions de personnes sont atteintes de BPCO. Ce nombre est probablement sous-estimé parce que le dépistage n'est pas systématique et que le début de la maladie est très insidieux. Actuellement, le nombre de sujets atteints par la maladie continue à augmenter à travers le monde. L'OMS prévoit qu'en 2020, la BPCO sera la troisième cause de mortalité dans le monde.

Facteurs causaux de l'asthme

Parmi les facteurs, il faut distinguer les facteurs intrinsèques, à savoir la susceptibilité génétique à contracter la maladie, et les facteurs extrinsèques, à savoir la fumée du tabac, les émanations industrielles et les gaz d'échappement.

La fumée de tabac est responsable de près de 90% des cas, même si tous les fumeurs ne développent pas nécessairement une BPCO. Environ 20 à 30% des personnes fumant plus d'un paquet de cigarettes par jour souffriront tôt ou tard de BPCO.

Dans près de 10% des cas, la BPCO est d'origine professionnelle. Les ouvriers travaillant dans l'agriculture, l'industrie textile, le bâtiment, les fonderies ou les mines sont exposés au risque de BPCO d'origine professionnelle. Les substances responsables sont les irritants utilisés dans l'agriculture, les solvants, les ciments, les produits de la mine, les gaz toxiques ou les poussières de silice. La BCPO d'origine professionnelle évolue d'autant plus rapidement qu'elle survient chez un fumeur. D'autres facteurs comme la pollution urbaine peuvent influencer le développement d'une BPCO.

Physiopathologie de la BPCO

L'irritation provoquée par la fumée de tabac ou la pollution urbaine provoque une contraction des bronches à l'origine de gêne respiratoire et d'un réflexe de toux. L'air respiré plus froid en hiver a aussi tendance à irriter les bronches.

Cette irritation s'accompagne d'une inflammation des bronches, ce qui entraîne l'arrivée des cellules de défense. Par le biais de substances oxydantes, ces cellules produisent des réactions chimiques locales et aggravent davantage l'inflammation. Avec le temps, on assiste à un épaississement de la paroi des bronches, avec diminution du diamètre intérieur, ce qui entrave le passage de l'air à travers les bronches. Ces réactions conduisent aussi à une destruction de la paroi des alvéoles et à l'apparition d'emphysème pulmonaire.

L'irritation chronique s'accompagne également d'une surproduction de mucus. Ce mucus ne peut plus être évacué naturellement par les cellules ciliées, leur fonctionnement étant altéré en raison de l'inflammation. Ainsi, le mucus s'accumule dans les bronches déjà rétrécies et entrave encore davantage le passage de l'air. Cet encombrement bronchique déclenche le réflexe de la toux qui vise à ramener le mucus dans la gorge avant qu'il ne soit avalé ou craché. Clair au début, ce mucus peut devenir avec le temps jaune ou verdâtre.

La toux, l'expectoration et l'essoufflement sont partiellement réversibles au début de la maladie si le sujet arrête la consommation du tabac. A un stade plus avancé, les lésions au niveau des alvéoles sont irréversibles. Cette destruction alvéolaire diminue les échanges gazeux entre l'air et le sang.

Symptômes de la BPCO

Sur le plan clinique, au stade précoce de la maladie, les signes cliniques se résument en une toux chronique et la production de crachats, aussi appelée expectorations. Ces signes sont souvent banalisés par le patient. Fréquemment son entourage le pousse à consulter un médecin.

La toux et l'expectoration sont plus prononcées le matin, après une nuit de sommeil. En effet, les sécrétions bronchiques s'accumulent davantage dans l'arbre respiratoire au cours de la nuit, les mouvements de toux et de déglutition étant moins fréquents durant la nuit.

Au fur et à mesure que la maladie progresse, un nouveau signe apparaît : la dyspnée. Il s'agit d'un essoufflement qui se manifeste d'abord lors d'un effort intense, puis au cours d'un effort modéré et, finalement, même au repos. Cet essoufflement s'explique par l'effort accru que doivent fournir les muscles pour mobiliser la cage thoracique en raison de la perte d'élasticité des poumons.

Diagnostic de la BPCO

Exploration fonctionnelle respiratoire

L'exploration fonctionnelle respiratoire (ou EFR) est l'examen qui permet de façon formelle de porter le diagnostic de BPCO et d'en préciser la gravité. Cet examen mesure les volumes pulmonaires ainsi que le degré d'obstruction des bronches. Pratiqué le plus souvent au repos, ce test est parfois répété lors d'un effort ou couplé à la prise de médicaments bronchodilatateurs – ceci afin de vérifier si ces bronchodilatateurs parviennent à augmenter le calibre des bronches.

Mesure des gaz du sang

Cet examen nécessitant un prélèvement de sang mesure les taux d'oxygène et de gaz carbonique. Plus le taux d'oxygène dans le sang est bas et celui du gaz carbonique élevé, plus la BPCO est grave.

Test de la marche

Ce test consiste à parcourir, d'un pas égal, en six minutes, la plus grande distance possible sur un terrain plat. Plusieurs paramètres sont mesurés au cours de cet exercice : périmètre de marche, fréquence cardiaque et dyspnée à la fin de l'exercice. Ces paramètres précisent le retentissement de la BPCO sur les capacités du patient à fournir des efforts au quotidien. Plus la distance parcourue est faible, plus la tolérance à l'effort du patient est mauvaise et son handicap important. On parle d'intolérance à l'effort lorsque le périmètre de marche, à savoir la distance parcourue, est diminué.

Radiographie du thorax

Cet examen ne confirme pas le diagnostic de BPCO mais permet de mettre en évidence certaines complications, à l'instar de l'emphysème pulmonaire. La radiographie du thorax facilite aussi le diagnostic différentiel avec d'autres maladies, comme le cancer bronchique par exemple.

Scanner thoracique

Un scanner thoracique n'est pas systématique. Cet examen est utile pour objectiver le degré d'évolution de la maladie. Ainsi en cas d'emphysème pulmonaire, le scanner visualise les zones du poumon moins bien ventilées en raison de l'existence de bulles emphysémateuses. Dans un contexte de tabagisme chronique, il permet également de dépister l'apparition de tumeurs de petites tailles.

Fibroscopie bronchique

De même que le scanner thoracique, la fibroscopie n'est pas nécessaire pour établir le diagnostic de BPCO. Lors de cet examen, l'arbre bronchique est visualisé à l'aide d'un tube souple, appelé fibroscope. Cet examen visualise le degré d'inflammation des bronches, dont les parois prennent une couleur rouge quand elles sont enflammées. En cas de surinfection, la fibroscopie est également indiquée pour détecter les germes en cause et étudier leur sensibilité aux antibiotiques.

Prise en charge de la BPCO

Même s'il n'existe pas de traitements qui puissent guérir la BPCO, certains moyens freinent l'évolution de la maladie. L'arrêt de la consommation du tabac est capital. C'est la mesure la plus importante. Dans d'autres cas, il faut absolument éviter de s'exposer aux toxiques dès les premiers signes de la maladie.

Traitements médicamenteux

Certains médicaments peuvent soulager les symptômes du patient, tout au long de l'évolution de la maladie.

Bronchodilatateurs : ils sont indiqués en cas d'essoufflement. Généralement administrés par voie orale, les bronchodilatateurs ont la propriété de dilater les bronches, ce qui contribue à améliorer le passage de l'air. Les effets bénéfiques de ces médicaments dans le cadre de la BPCO sont moins importants que dans l'asthme.

Corticoïdes : souvent administrés par voie inhalée, ils contribuent à diminuer l'inflammation des bronches, ce qui améliore le passage de l'air. En cas d'exacerbations, ils sont parfois prescrits par voie orale, pour une courte durée.

Antibiotiques : sont utilisés en cas de poussées évolutives, mais leur emploi ne doit pas être systématique.

Autres médicaments : tels que les antitissufs, bêta-bloquants et sédatifs ne doivent pas être utilisés en cas d'obstruction bronchique.

Oxygénothérapie : ce traitement ne devient indispensable qu'au stade d'insuffisance respiratoire, en présence d'un effondrement de la teneur du sang en oxygène.

Kinésithérapie : est un atout précieux dans le cadre de la réhabilitation respiratoire, surtout en cas d'exacerbations. Elle aide à désencombrer les bronches. Une autre indication de la kinésithérapie est l'entraînement du malade à l'effort, ce qui est très utile lorsque le malade s'essouffle déjà pour des efforts modestes.

Vaccination : les vaccinations annuelles contre la grippe sont réalisées dans le cadre de la prévention des infections.

Chirurgie : n'est indiquée qu'en dernière intention, notamment pour exciser les bulles d'emphysème. Comme ces lésions ne sont pas réparties de façon régulière, le chirurgien enlève les plus gênantes, ce qui réduit la pression sur le tissu pulmonaire avoisinant.

Pour en savoir plus sur la BPCO

L'information contenue sur ce site n'est pas destinée à remplacer les conseils et recommandations de votre médecin. Si vous avez des questions ou des problèmes, parlez-en d'abord à son médecin traitant. Le médecin pourra également vous renseigner sur les associations nationales auprès desquelles vous trouverez toute l'information nécessaire sur la BPCO et sa prise en charge.

Voici quelques adresses ou liens utiles :

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