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Laennec


" Laennec aura été le pionnier de cette grande transformation de la médecine passant, en moins de deux siècles, de l'état d'art approximatif à celui de science souvent exacte"
Jean Bernard



Naissance le 17 février 1781 à Quimper de René Théophile Laennec. Il appartient à une vieille dynastie d'avocats ayant occupé diverses charges au Parlement de Bretagne. Il dut sa vocation et sa formation médicale initiale à son oncle, Guillaume Laennec. Ce dernier devint le premier directeur de l'école de médecine créée à Nantes par Napoléon en 1808.

Vendémiaire an IV. René Théophile est étudiant en médecine sur les instances de son oncle. Il n'a alors que quatorze ans et demi ! Son oncle Guillaume réussit à le faire admettre comme chirurgien de 3ème classe aux hôpitaux militaires de Nantes. Il pu ainsi bénéficier d'un vaste champ d'observations.

Il s'enthousiasme pour la botanique et surtout pour l'histoire naturelle sous la direction d'un ami de son oncle : Francois le Meignen.

Janvier 1800. L'insurrection est générale dans l'Ouest. Il fallait organiser un service de santé aussi René Théophile se porta volontaire pour cette campagne de quelques mois dans le pays de Vannes.

A partir de la fin du mois d'avril 1801 René Théophile fait son entrée à Paris. A compter du mois de mai, il suivra les cours de Corvisart, de Pinel et de Bichat. Il se lie d'amitié avec Bayle qui avait fait le premier exposé théorique de la méthode anatomo-clinique en 1802. René Théophile a un diagnostic sûr, une grande érudition scientifique; attentif, il ne néglige aucune maladie.

En marge de ses études, il commence à faire ses propres recherches, à publier des articles dans différentes revues médicales. En 1803 il est recu premier au concours général de médecine et de chirurgie. Alors agé de 22 ans, il ouvre son propre cours d'anatomie pathologique. C'est un grand succès. En juin 1804, il soutient brillamment sa thèse de doctorat sur "La doctrine hippocratique appliquée à la médecine pratique".Il est recu docteur.

Membre actif de la Société de l'école Nationale, il publie de nombreux articles. Il se consacra d'abord à l'anatomie pathologique, et Cuvier, en 1810, le cite parmi les six plus grands spécialistes de cette discipline depuis 1789, les autres étant Portal, Bichat, Dupuytren, Corvisart et Bayle. Des difficultés financières obligèrent le Docteur Laennec à reprendre la pratique médicale où il connut un succès retentissant. Il devient peu à peu un des médecins les plus recherchés et soigne des personnalités : les Chateaubriand, Madame de Duras, le cardinal Fesch... Toutefois, il ne négligea pas pour autant les pauvres.

Praticien célèbre, journaliste médical connu, il poursuivit une carrière scientifique exceptionnelle. En 1816 il est nommé médecin à l'Hôpital Necker où il enseignait la pathologie médicale. Il continue ses recherches à travers ses clients en ville et il découvre les possibilités du cylindre bien vite appelé stéthoscope et crée l'auscultation médiate. L'ère de l'investigation médicale s'ouvrait. En 1819 Laennec publie son ouvrage de référence : " Traité de l'auscultation médiate ou traité des maladies du poumon et du coeur fondé principalement sur ce nouveau mode d'exploration ".

Cet ouvrage est beaucoup plus qu'un mémoire sur une nouvelle technique instrumentale. Il y fonde la méthode anatomo-clinique dans le raisonnement médical et la pratique clinique, c'est-à-dire la confrontation systématique des signes observés sur le patient avec les lésions constatées à l'examen pathologique des cadavres. Toute la pathologie du poumon, du foie et du coeur commence avec lui. Il dé crit magistralement les signes et les lésions des bronchectasies, l'emphysène, l'infarctus pulmonaire, le pneumothorax, les tumeurs malignes pulmonaires qu'il distingue de la tuberculose. S'attachant à cette dernière, il en affirme la spécificité et l'unité , tout niant sa contagiosité, cette notion ne devrait être généralement admise qu'avec la découverte du bacille tuberculeux par Koch en 1882.

René Théophile Laennec fut le premier à individualiser la cirrhose du foie à laquelle il a laissé son nom. En cardiologie, il fut plus fécond comme anatomopathologiste, décrivant remarquablement l'hypertrophie du coeur, l'athérosclérose vasculaire, les végétations valvulaires, que comme clinicien : s'il distingue avec une clarté remarquable la dyspnée des cardiaques de celle des emphysémateux, il se trompe sur l'interprétation des bruits du coeur et des souffles. Il n'en demeure pas moins qu'avec le stéthoscope il a donné à la cardiologie l'instrument de son essor au XIXème siècle.

De santé fragile, atteint de tuberculose, il se retira en 1820 en Bretagne en son manoir de Kerlouarnec. En Cornouaille les pauvres gens, les cultivateurs ou marins étaient certains de trouver en René Théophile Laennec, un médecin attentif et dévoué à leurs maux. Les médecins du pays étaient enchantés et ils soumirent les cas difficiles et s'éduquèrent l'oreille au stéthoscope. Laennec s'efforca de vulgariser l'usage de cet instrument parmi ses confrères les plus réservés.

En 1822 de retour à Paris, il fut nommé professeur du Collège de France. En 1823 il succéda à la Chaire de clinique médicale de Corvisart à la faculté. Il eut de nombreux élèves francais et étrangers et, comme il est fréquent, il fut plus célèbre à l'étranger qu'en France, notamment dans le monde anglo-saxon : Thomas Hodgkin s'honorait d'être son élève. La santé du docteur Laennec déclinant de plus en plus, il dut abandonner la capitale pour se réfugier dans son manoir breton de Kerlouarnec près de Douarnenez. Il ne devait plus en sortir. Il mourut en 1826, agé de 45 ans emporté par la tuberculose qu'il avait si admirablement décrite.

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